L’éditorial de Stéphanie Grammond met en lumière la forte dépendance numérique du Québec et du Canada envers les grandes entreprises technologiques américaines, ce qui compromet la souveraineté numérique du pays. Elle souligne que les données personnelles et stratégiques des citoyens et des entreprises québécoises sont largement hébergées sur des serveurs américains, exposant ainsi ces informations aux lois et aux décisions du gouvernement des États-Unis.
1. Une dépendance inquiétante aux GAFAM
- La majorité des logiciels et plateformes utilisés dans la vie quotidienne et professionnelle proviennent de grands groupes américains (Microsoft, Amazon, Google, etc.).
- Les données financières des citoyens (comme le score de crédit) sont sous le contrôle d’entreprises américaines, avec des algorithmes opaques influençant directement leur accès aux services financiers.
- Les données gouvernementales et d’entreprises québécoises sont souvent hébergées par des acteurs étrangers, augmentant ainsi la vulnérabilité du Québec à des ingérences extérieures.
2. Des risques de manipulation et d’influence
- La mainmise américaine sur les données permet de cartographier les comportements sociaux et d’utiliser des algorithmes pour influencer l’opinion publique.
- L’exemple du scandale Facebook–Cambridge Analytica en 2016 démontre comment les données personnelles peuvent être exploitées pour manipuler des élections.
- Des entreprises comme Meta (Facebook, Instagram) montrent déjà leur mépris des lois canadiennes, comme l’illustre leur refus de se conformer à la Loi sur les nouvelles en ligne.
3. Une souveraineté numérique à bâtir
- Le projet de loi 82 vise à créer une identité numérique nationale pour les Québécois, mais son manque de transparence suscite des inquiétudes.
- La gestion des données de santé numérique confiée à l’américaine Epic Systems pose problème : le Québec risque d’être enfermé dans un système inadapté à ses besoins.
- L’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA alerte sur le manque de souveraineté du Québec en matière de données et la marge de manœuvre excessive du ministère de la Cybersécurité et du Numérique.
4. Une mobilisation nécessaire
- L’article insiste sur l’urgence de mettre en place une stratégie numérique québécoise favorisant l’expertise locale et l’hébergement des données sur des serveurs souverains.
- L’exemple européen montre qu’il est possible de réglementer les géants du numérique, malgré les pressions américaines.
- Un plan numérique structuré est essentiel pour garantir la protection des citoyens et la sécurité des infrastructures critiques.
Conclusion
L’éditorial appelle à une prise de conscience et une action forte pour garantir la souveraineté numérique du Québec et du Canada. Il est impératif de réduire la dépendance aux géants américains, de favoriser des solutions locales et de mettre en place un cadre législatif fort pour protéger les données des citoyens. Le numérique ne doit pas devenir un Far West contrôlé par les GAFAM, mais un espace où le Québec et le Canada restent maîtres de leurs informations et de leur avenir technologique.
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